Never let me go – Soupe de topinambour au gorgonzola et amandes grillées

Publié le par Chris

 

Je n’ai pas trouvé mieux que cette juxtaposition étrange pour parler de deux choses qui n’ont rien à voir l’une avec l’autre et qui me feront nécessairement passer du coq à l’âne, à moins qu’entre-temps, une géniale transition des plus spirituelles me vienne à l’esprit mais j’en doute…d’autant que le premier sujet, un film, est un sujet  pour ainsi dire jamais évoqué ici. D'ailleurs, pourquoi parler de ce film précisément, je ne sais pas trop si ce n'est que le roman dont il est issu est un de ceux qui m'ont le plus bouleversée de toute ma vie...

 

Never let me go est l’adaptation cinématographique d’Auprès de moi toujours, un roman de l’excellentissime, du chef-d’oeuvresque Ishiguro.

aupresdemoitoujoursCok.jpgAuprès de moi toujours m’avait profondément secouée, tant par son sujet, terriblement dérangeant, que par l’écriture qui laisse penser que c’est la conscience en train de se souvenir, ou plutôt d’essayer, qui parle, avec ce que cela suppose d’hésitation, de balbutiements, et bien sûr d’oubli. Si vous regardez bien, la plupart du temps, lorsqu’un écrivain met en scène un personnage qui se souvient, c’est très souvent un personnage qui se souvient « très bien » si je puis dire, c’est à dire que sa mémoire semble absolument intacte et l’événement émerge dans celle-ci comme s’il se passait en fait sous les yeux de celui qui se souvient. Si on y réfléchit deux secondes, ce n’est pas du tout crédible ! Lorsqu'on se souvient de quelque chose, quel que soit ce quelque chose, on se rend rapidement compte de ses limites, de la « perte » induite par le temps qui passe. Même si on pense se rappeler parfaitement d’un événement, dés que l’on sort de son strict cadre, on arrive vite dans un désert ou en tout cas dans une forêt fort dépeuplée !

Bref, tout ça pour dire qu’Ishiguro est je crois le seul écrivain que j’ai lu qui est capable ou qui cherche à retranscrire la vérité du souvenir, à savoir la perte qu’il a subi et sa dimension fragmentaire.

never_let_me_go.jpgJ’attendais donc l’adaptation d’Auprès de moi toujours avec une certaine excitation même s’il est bien connu qu’on est toujours déçu lorsqu’un livre est porté à l’écran…et j’ai déjà effectivement vécu ce genre de déception.

En fait, je n’ai pas été déçue. Le film a fait des choix particuliers de narration et de mise en scène qui, loin de dénaturer le livre, l’éclaire sous un jour nouveau. Certes, la profondeur psychologique est en partie occultée, certes il joue un peu sur le pathos, bien plus que dans le livre où il en serait presque absent, mais je dirais que c’est le cinéma qui veut ça…

Les acteurs sont excellents, Carey Mulligan en tête, alors que je ne l’aurais pas du tout imaginée dans ce rôle. Bon, Keira Knightley, j’ai toujours eu du mal, rapport à sa moue qu’elle duplique d’un film à l’autre…

Par contre, soyons clairs, l'affiche est nulle...


En fait, je pense que la plupart des gens, qu’ils aient lu le livre ou pas, pense que cette histoire n’est pas crédible. Je ne vous expliquerai pas trop pourquoi si ce n’est qu’il y a presque aucun signe de révolte et que cela peut bien évidemment surprendre…je crois qu’à partir du moment où on voit cette histoire comme une métaphore de notre société actuelle, hypothèse accréditée par la fin du film, son réalisme (sa lucidité, appelez ça comme vous voudrez) ne peut que faire froid dans le dos…


Vitres

 Et comme la transition ne vient pas, je délaisse le coq pour passer à l’âne comme prévu avec un velouté de topinambour bien réconfortant…..ah mais ça y est, je l’ai ma transition…Never let me go est un film foncièrement déprimant donc en rentrant du ciné, un bon bol de cette soupe de topinambour mettra du rose et des paillettes dans vos yeux (bon, je ne sais pas trop comment c’est chimiquement possible mais je n’ai pas dit que ma transition devait être scientifiquement vraie :))


 

Soupe de topinambour au gorgonzola et amandes grillées (sorry pour la photo moche...)

 

Topinambourc.jpg


 Ingrédients pour 4 personnes – 20 minutes de préparation

 

- 2 topinambours épluchées et coupées en dés

- 3 petites pommes de terre, type « ratte », épluchées et coupées en dés

- 1 L d’eau

- 1 cube de bouillon de légumes bio

- 50 g de gorgonzola ou de taleggio

- 20 g d’amandes émondées

- Sel, poivre

 

Faire cuire les pommes de terre. Réserver.

 

Faire cuire les topinambours dans le litre d’eau avec le cube de bouillon.

 

Pendant ce temps, faire griller les amandes à sec dans une poêle (bien surveiller car ça colore très vite). Les concasser grossièrement à l’aide d’un pilon et d’un mortier. Réserver.

 

Lorsque les topinambours sont cuites, ajouter les pommes de terre, le fromage et le poivre. Mixer le tout. Rectifier l’assaisonnement si nécessaire.

 

Répartir la soupe dans des assiettes ou des verrines et parsemer d’amandes grillées.

Servir aussitôt.

 

Publié dans Soupes et gaspacho

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Doudoute 14/03/2011 20:06



j'ai vu ce film et j'ai beaucoup aimé !! 


la soupe à l'air très bonne :) 


bonne soirée 



Christel 12/03/2011 07:59



N'ai pas lu le livre ni vu le film mais tu me tentes. Bravo pour ce beau mariage de saveurs de ce velouté gourmand! Belle journée. C



clém' 10/03/2011 15:37



C'est une très bonne soupe! J'aime beaucoup les topinambours avec le gorgonzola.. ;)


Merci pour le film, je vais voir ça tout de suite!


Bise



delphcotecuisine 10/03/2011 13:27



comme la fraicheur est revenue aujourd'hui voilà une petite soupe a laquelle je ne dirai pas non


Delphine



Laurent 09/03/2011 17:50



Cette juxtaposition me plaît beaucoup, me donne des idées...